Un parcours dans son époque
Un avocat d’Arras façonné par les Lumières Maximilien de Robespierre grandit à Arras dans un environnement marqué par la petite bourgeoisie de robe. Orphelin très tôt, il trouve dans les études un refuge et un moyen de s’élever. Grâce à une bourse accordée sur recommandation de l’évêque d’Arras, il rejoint le prestigieux collège Louis-le-Grand à Paris, où il suit un enseignement rigoureux en lettres et en droit. Il y découvre les textes de Montesquieu, Voltaire et surtout Rousseau, dont l’idée de « volonté générale » et la défense de l’égalité marquent profondément sa pensée politique.
Revenu à Arras après avoir obtenu sa licence en droit, il s’inscrit au barreau et plaide des affaires souvent modestes, mais qui lui permettent de mettre en avant un sens aigu de la justice, notamment dans des dossiers touchant à l’arbitraire des autorités ou à la défense des plus faibles. Il est admis à l’Académie d’Arras et se distingue dans des concours d’éloquence, en dénonçant les lettres de cachet, l’injustice faite aux enfants illégitimes ou encore certaines formes de châtiments collectifs.
Cette activité intellectuelle et judiciaire fait de lui un homme déjà connu dans sa province au moment où éclate la crise politique de 1789. Élu député du tiers état d’Artois aux États généraux, il arrive à Versailles avec la conviction que la souveraineté appartient à la nation et que la Déclaration des droits doit être le socle d’un ordre politique nouveau. De l’Incorruptible au chef de la Terreur À l’Assemblée constituante, Robespierre se range parmi les députés les plus radicaux en matière de démocratie politique.
Il s’oppose au suffrage censitaire et défend le principe selon lequel tous les citoyens masculins, sans condition de fortune, doivent pouvoir participer à la vie politique. Il refuse qu’une élite de propriétaires confisque la représentation nationale. Il plaide aussi pour l’abolition de la peine de mort, pour l’égalité des droits des protestants, des Juifs, des comédiens et des hommes libres de couleur, ainsi que pour la fin de la traite et de l’esclavage, qu’il juge incompatibles avec la Déclaration des droits de l’homme.
Actions, œuvres et héritage
Un défenseur de l’égalité politique et des droits de l’homme L’« œuvre » de Robespierre ne se résume pas aux têtes tombées sous la guillotine, même si la Terreur marque profondément sa postérité. Il est aussi l’un des principaux défenseurs, dès 1789, d’une vision très avancée de l’égalité politique. À la Constituante, il s’oppose au suffrage censitaire et réclame le droit de vote pour tous les hommes, indépendamment de leurs richesses.
Il défend l’accès de tous aux fonctions publiques « sans autre distinction que celle des vertus et des talents » et refuse que l’armée, la garde nationale ou les charges politiques soient réservées à une minorité aisée. Lors de débats sur le statut des minorités, il plaide pour l’égalité des droits civiques des protestants, des Juifs, des comédiens et des hommes libres de couleur, considérant qu’aucune catégorie ne doit être exclue de la citoyenneté au nom de préjugés religieux ou sociaux.
Il condamne la traite négrière et l’esclavage, qu’il juge contraires aux principes proclamés en 1789, et salue les mesures qui vont dans le sens de leur abolition. Parallèlement, il s’oppose à la peine de mort en temps ordinaire, au nom du respect de la vie humaine et de la possibilité de l’erreur judiciaire, même si ses positions évolueront dans le contexte extrême de la guerre civile et étrangère. Enfin, il insiste sur l’idée que la République doit garantir non seulement des droits politiques, mais aussi une certaine justice sociale: contrôle des prix pour protéger les plus pauvres, lutte contre la spéculation, valorisation du travail et de la vertu civique.
La Terreur, le gouvernement révolutionnaire et une mémoire disputée Robespierre reste surtout associé à la période de la Terreur (1793-1794), au cours de laquelle il participe, avec d’autres membres du Comité de salut public, à la mise en place d’un gouvernement d’exception.
Récits célèbres : ce qu’il faut vérifier
Derrière l’image figée du révolutionnaire austère en habit bleu et perruque poudrée, la vie de Maximilien de Robespierre regorge d’anecdotes qui éclairent son caractère, ses convictions et la manière dont il était perçu par ses contemporains. De l’élève studieux d’Arras au tribun redouté de la Convention, ces épisodes montrent autant l’homme des principes que le politique de plus en plus isolé à mesure que la Révolution s’enflamme. 7 Anecdotes sur Maximilien de Robespierre 1.
Un élève modèle au collège Louis-le-Grand Lorsqu’il étudie à Paris grâce à une bourse, Robespierre se distingue par son sérieux presque excessif. Au collège Louis-le-Grand, il décroche des prix d’excellence et impressionne ses professeurs par sa mémoire et sa rigueur. Parmi ses condisciples figurent d’autres futurs acteurs de la Révolution, comme Camille Desmoulins. Cette réputation d’élève appliqué, toujours à son bureau, lui collera à la peau et nourrira plus tard l’image d’un homme austère, obsédé par la cohérence entre ses principes et ses actes.
2. Un jeune avocat sensible à l’injustice quotidienne Devenu avocat à Arras, Robespierre ne se contente pas de plaider des causes purement techniques. Il s’attire la sympathie d’une partie de la population en défendant des clients modestes et en attaquant des abus de pouvoir locaux. Dans des affaires de diffamation ou de litige avec des autorités, il insiste sur l’égalité des citoyens devant la loi et sur la nécessité de contrôler les pouvoirs arbitraires.
Ces combats, certes limités, annoncent déjà le ton de ses futurs discours révolutionnaires. 3. L’Incorruptible qui refuse les honneurs faciles À l’Assemblée constituante puis à la Convention, Robespierre cultive une image de probité intransigeante. Il refuse certains avantages, se montre peu sensible au luxe et au faste, vit chez un menuisier, la famille Duplay, plutôt que dans un bel hôtel particulier.
Ses adversaires eux-mêmes reconnaissent parfois sa sobriété personnelle, même lorsqu’ils dénoncent sa politique. Ce refus des compromissions contribue à forger le surnom d’« Incorruptible », qui devient à la fois son aura et, pour certains, la marque d’un esprit inflexible. 4.
Repères datés
La chronologie essentielle
- Repère qualifié
Naissance à Arras
Maximilien Robespierre naît le 6 mai.
- Repère qualifié
Député du tiers état
Il représente l’Artois aux États généraux.
- Repère qualifié
Député à la Convention
Il siège avec les Montagnards après la chute de la monarchie.
- Repère qualifié
Entre au Comité de salut public
En juillet, dans un gouvernement révolutionnaire collectif.
- Repère qualifié
Chute et exécution
Arrestation le 9 Thermidor, exécution le lendemain.
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- Catalogue nationalBibliothèque nationale de France — bibliographie sur Maximilien de Robespierre
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