Les grandes dynamiques de l’ère Cénozoïque

Du Paléogène au Néogène, la mise en place d’un monde de mammifères L’ère Cénozoïque est divisée en trois grandes périodes: le Paléogène, le Néogène et le Quaternaire. Le Paléogène, qui s’étend d’environ 66 à 23 millions d’années avant notre époque, marque le temps de la reconstruction après la crise Crétacé Paléogène. Les premiers millions d’années voient un monde encore chaud, avec des forêts étendues jusqu’à des latitudes élevées et une biodiversité en pleine recomposition.

Les mammifères, jusque là relégués à de petites tailles à l’ombre des dinosaures, se diversifient rapidement. On voit apparaître les ancêtres de nombreux groupes actuels: primates, ongulés, carnivores, cétacés, etc. Les oiseaux se diversifient eux aussi, et certaines lignées deviennent de grands prédateurs terrestres. Au fil du Paléogène, la dérive des continents et la formation de nouveaux courants océaniques commencent à modifier le climat.

La mise en place du courant circumpolaire autour de l’Antarctique contribue, par exemple, à isoler ce continent et à initier sa glaciation progressive. Lors du Néogène, entre environ 23 et 2,6 millions d’années avant aujourd’hui, les climats se rafraîchissent encore et deviennent plus contrastés selon les régions. Les forêts régressent dans de nombreuses zones au profit de paysages plus ouverts, prairies et savanes, favorisant l’essor des grands herbivores et de leurs prédateurs. C’est aussi à cette période que se forment des reliefs majeurs comme l’Himalaya ou les Andes, et que la jonction entre l’Amérique du Nord et l’Amérique du Sud par l’isthme de Panama modifie profondément les échanges biologiques et les courants marins.

Le Quaternaire, glaciations et apparition de l’humanité La dernière grande période du Cénozoïque, le Quaternaire, commence il y a environ 2,6 millions d’années et se prolonge jusqu’à nos jours. Elle se caractérise par une alternance de périodes froides, durant lesquelles d’immenses calottes de glace recouvrent une partie de l’hémisphère nord, et de périodes plus tempérées, dites interglaciaires, comme celle dans laquelle nous vivons.

Une ère de climats changeants, de dérive des continents et de biodiversité foisonnante

Refroidissement global, glaciations et nouveaux paysages Au début du Cénozoïque, la Terre reste marquée par le climat chaud du Crétacé. Les températures sont élevées, les pôles sont libres de glace permanente et la végétation tropicale s’étend très au nord et très au sud. Un épisode de réchauffement rapide, appelé maximum thermique du Paléocène Éocène, accentue même brièvement cette tendance. Mais à partir de l’Éocène moyen, une longue phase de refroidissement global s’amorce.

La collision de l’Inde avec l’Asie et l’élévation de hautes chaînes de montagnes augmentent l’érosion et la consommation de dioxyde de carbone par les roches, ce qui contribue à diminuer l’effet de serre. Dans le même temps, l’isolement de l’Antarctique et la réorganisation des courants océaniques permettent l’installation de courants froids qui renforcent le refroidissement. Ces changements se traduisent par une rétraction des forêts tropicales, qui laissent la place à des forêts tempérées, puis à des steppes et des savanes sur de larges surfaces.

Les glaces permanentes s’installent sur l’Antarctique, puis, plus tard, sur le Groenland et dans de vastes régions de l’hémisphère nord lors des glaciations quaternaires. Les glaciers sculptent alors les paysages, creusent des vallées en U, laissent derrière eux des moraines, des lacs et des plaines fertiles. De nombreux reliefs spectaculaires, comme certaines vallées glaciaires alpines ou les grands lacs d’Amérique du Nord, portent aujourd’hui encore la marque de ces épisodes glaciaires. Radiation des mammifères, essor des oiseaux et coévolution avec les plantes à fleurs Sur le plan de la vie, le Cénozoïque est une ère de diversification intense.

Les mammifères, libérés de la concurrence des grands reptiles, se déploient dans presque tous les milieux: herbivores de grande taille dans les plaines, carnivores spécialisés, cétacés dans les océans, chauves souris dans le ciel, primates arboricoles dans les forêts. De nombreuses familles et ordres actuels prennent forme au Paléogène et au Néogène. Les oiseaux, derniers descendants des dinosaures, connaissent eux aussi une grande diversification.

Anecdotes, récits et points à vérifier

Derrière les grandes courbes de température, les dates en millions d’années et les cartes de dérive des continents, l’ère Cénozoïque se raconte aussi à travers des scènes très concrètes. Un fin niveau d’argile riche en iridium dans une falaise tunisienne, des ossements de mammouths dégagés dans le froid sibérien, une empreinte de pas d’hominidé figée dans une cendre volcanique africaine ou le fossile d’une baleine retrouvée loin des côtes actuelles sont autant de petits fragments qui permettent aux géologues et aux paléontologues de reconstituer un récit continu sur plus de 60 millions d’années.

8 Anecdotes sur l’ère Cénozoïque 1. Une mince couche d’iridium pour marquer la frontière La limite entre le Crétacé et le Paléogène, qui marque le début du Cénozoïque, se reconnaît dans de nombreuses coupes géologiques par une fine couche d’argile enrichie en iridium, un élément rare dans la croûte terrestre mais relativement abondant dans certaines météorites. Cette anomalie chimique, observée notamment sur le site d’El Kef en Tunisie, a été l’un des arguments majeurs en faveur de l’hypothèse d’un impact météoritique à l’origine de la grande extinction de la fin du Crétacé.

Une trace géochimique de quelques millimètres d’épaisseur résume ainsi un événement qui a bouleversé la biosphère entière. 2. Des « oiseaux terrifiants » en Amérique du Sud Au début du Cénozoïque, dans certaines régions comme l’Amérique du Sud, des oiseaux incapables de voler mais de grande taille occupent le sommet de la chaîne alimentaire. Ces « oiseaux terrifiants », ainsi surnommés en raison de leurs puissants becs crochus et de leur stature impressionnante, chassent de petits et moyens mammifères.

Leurs fossiles, découverts en particulier en Argentine, montrent qu’ils ont pu atteindre plus de deux mètres de hauteur. Ils illustrent le fait que, pendant une partie du Cénozoïque, la domination sur les terres émergées n’est pas uniquement le fait des mammifères, mais aussi de certains oiseaux spécialisés. 3.

Repères datés

La chronologie essentielle

  1. Repère qualifié

    Début du Cénozoïque

    Diversification des mammifères et des oiseaux après la crise de fin du Crétacé.

  2. Repère qualifié

    Début de l’Éocène

    Réchauffement majeur au passage Paléocène–Éocène.

  3. Repère qualifié

    Premiers hominines possibles

    Fossiles et relations évolutives discutés.

  4. Repère qualifié

    Début du Quaternaire

    Alternance de cycles glaciaires et interglaciaires.

  5. Repère qualifié

    Premiers Homo sapiens connus

    L’évolution humaine est buissonnante et africaine.

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  1. Référence documentaireWikipédia – Cénozoïque (définition, subdivisions et contexte général)

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  2. Référence documentaireCenozoic – géologie, climat et évolution de la vie

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  3. Encyclopédie de contrôleEncyclopaedia Britannica – Cenozoic Era, principaux événements et transformations

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  4. Référence documentaireUSGS – Cenozoic Era, faune, paysages et changements climatiques

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  5. InstitutionInternational Commission on Stratigraphy – Échelle des temps géologiques et bornes du Cénozoïque

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  6. Catalogue nationalBibliothèque nationale de France — bibliographie sur Ère Cénozoïque

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  7. Encyclopédie de contrôleEncyclopaedia Britannica — index sur Ère Cénozoïque

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